Le « pourfendeur de la Fédération Protestante de France » est mort

Président de la Fédération Nationale des Associations Familiales Protestantes (AFP), Pierre-Patrick Kaltenbach était magistrat à la Cour des Comptes et il avait notamment publié...

… »Tartuffe aux affaires. Génération morale et horreurs politiques » (Editions de Paris, 2001) ou encore « Associations lucratives sans but » (Editions Denoël, 1996). Diplômé de l’Institut des sciences politiques de Paris, il est ancien élève de l’ENA, où il fut condisciple de Chevènement, Jospin, Seillères et Toubon. Il est mort le jeudi 13 mars. Son inhumation s’est déroulée à Mens (Isère) le 17 mars et un « culte d’action de grâce » sera célébré ce mercredi 19 mars à 18h30 au temple réformé de Pentemont (Paris 7ème).

« Spécialiste des formules assassines, Pierre-Patrick Kaltenbach adore jeter des pavés dans la mare« , affirmait Robert Solé dans le journal Le Monde. Pierre-Patrick Kaltenbach, plus connu sous l’acronyme PPK était un grand communiquant et un charmant provocateur. Pourfendeur de la pensée unique, il a dénoncé la collusion des politiques professionnels de tous bords, ainsi que tous les appareils agrippés au pouvoir et à leurs privilèges. Sans épargner ni les protestants, ses coreligionnaires, ni les médias qu’il qualifiait de « clergé sans la foi ». Il était un peu le « Louis Nicollin » du protestantisme ! Il manquera à tous ceux qui sont las du règne de la langue de bois et du religieusement correct…

Pourfendeur de la Fédération Protestante de France

En avril 2007, j’avais rencontré PPK, afin de couvrir un événement important : l’entrée des évangéliques dans les Associations Familiales Protestantes (AFP). Au cours de l’interview (publiée dans le magazine « Christianisme Aujourd’hui« , Mai 2007), je lui avais demandé si les réformés ne peinaient pas à reconnaître la réelle croissance des évangéliques au sein du monde protestant. Sa réponse cinglante a eu l’effet d’une bombe et PPK semblait m’en vouloir d’avoir diffusé l’intégralité de ses propos [nous étions pourtant en interview enregistrée et non en discussion off]. En conséquence, c’était d’ailleurs la première et la dernière fois que mon chemin journalistique croisait le sien. C’était comme ça… avec PPK !

Extrait de l’interview sur les AFP, avec Pierre Patrick Kaltenbach :

Paul Ohlott : Les réformés ne peinent-ils pas à reconnaître la réelle croissance des évangéliques au sein du monde protestant ?

PPK : C’est ce que l’on voit à la FPF, mais pas aux AFP. La nomination de Claude Baty en tant que nouveau président est une stratégie réformée : on met en place un évangélique qui a un look un peu réformé, tout en faisant plaisir aux évangéliques, mais il s’agit bien pour les réformés de garder le pouvoir même s’ils ont perdu la majorité. Et il ne faut surtout pas que les Français le sachent. Les réformés aujourd’hui, c’est 44.000 foyers cotisants. Ils en ont perdu la moitié en cinquante ans. Alors, quand les sondages IFOP ou autres nous disent qu’il y aurait peut-être un à deux millions de protestants, j’espère que ce sont pas des nourrissons, sinon c’est au moins huit enfants par foyer ! Du lapinisme ! J’aimerais que les réformés aient le courage de se mettre autour d’une table et de compter leur effectif. Mais ils ne le veulent pas et vous répondent : laissez venir le pouvoir à moi, car il me revient par hérédité et par l’Histoire.

Paul Ohlott : Pourquoi ce désamour envers la FPF ?

PPK : Je le dis sans méchanceté, mais pour moi, la FPF n’existe pas ! C’est un machin complètement technique, un comité abstrait qui n’a pas à nous représenter. La FPF est là pour gérer ensemble des services dont la gestion en commun est préférable à la gestion chacun pour soi. Mais la FPF s’est accordée de nouveaux pouvoirs depuis. Le pouvoir médiatique par exemple. Un journaliste français moyen ne comprend rien au protestantisme et encore moins à la nébuleuse évangélique. Que fait-il alors ? Il appelle la rue de Clichy. Et là, il y a un petit groupe de vingt personnes qui parle au nom du protestantisme… c’est ridicule ! Mais on pourrait aussi évoquer l’immaculée cooptation qui règne dans cette fédération.

L’ami des évangéliques

Si la Fédération Protestante n’existait pas à ses yeux, force est de constater que la réciproque semble également être vraie, comme en témoigne l’absence du moindre hommage à son égard. Seul le CNEF a rédigé un court communiqué, saluant un « Président de grande valeur » et « un défenseur infatigable de la famille », afin de le remercier pour l’aide qu’il a apporté aux évangéliques en matière de reconnaissance publique.

Lorsque j’avais dîné avec PPK en avril 2007, nous ne partagions pas grand chose en matière de foi – comme c’est souvent le cas entre un réformé et un évangélique -, mais en dépit de ses convictions personnelles, il s’est néanmoins battu en faveur des évangéliques. Dans l’interview, je lui avais également parlé des accusations sectaires qui frappaient les églises évangéliques et il m’avait répondu :

« Partout où je vais, je rencontre des Français idiots. Je dis aux responsables qui luttent contre les sectes qu’ils se trompent complètement à l’égard des évangéliques et que s’ils continuent à le diffamer de la sorte, je vais leur rendre la vie infernale et on ira chez eux avec un petit groupe d’avocats ».

Salut l’artiste !

Paul OHLOTT

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17 Comments on Le « pourfendeur de la Fédération Protestante de France » est mort

  1. j’espère qu’il a eu le temps de faire des disciples car c’est bon d’avoir des gars qui osent dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas !!

  2. Pierre-Patrick PPK me fait penser également à un homme qui n’avait pas la langue de bois(sic)
    Que l’on apprécie ou non ces commentaires? 🙂 Il est mort aussi! le 24 octobre 2010
    Il avait entre autre dit: Nouveaux propos controversés de Georges Frêche le 17 novembre 2006
    « Dans cette équipe (de France de foot), il y a neuf blacks sur onze. La normalité serait qu’il y
    en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s’il y en a autant, c’est parce que
    les blancs sont nuls. J’ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze blacks. Quand je vois
    certaines équipes de foot, ça me fait de la peine. » 😦

    J’aime les personnes sincères, même si je ne suis pas toujours d’accord avec 😉 Proverbes 27:6
    « Les blessures d’un ami prouvent sa fidélité, Mais les baisers d’un ennemi sont trompeurs. »

    • Oui heureusement qu’il y a des grandes gueules dans ce monde où l’on promeut les discours lisses… Que PPK nous encourage à manifester un peu plus de notre « personnalité » !

    • Cher Paul, c’est ce que nous ferons, si Dieu le permet? J’irais même jusqu’à penser, qu’il le veut:
      Dieu, bien sûr! 🙂 C’est pour cela qu’il y a des Andréa et consorts… M’enfin! C’est mon avis 🙂
      De plus, il fait beau à Colomiers!

  3. Scolaris Legisperitus // 19 mars 2014 à 4 h 13 min // Réponse

    La FPF fonctionne par « immaculée cooptation »… brillant & génial !

    Levons aussi notre chapeau à Kaltenbach et aux AFP pour nous avoirs dotés d’un sondage qui nous donne un bon aperçu du positionnement idéologique des protestants français :

    http://monarchomaque.org/2012/12/28/sondage-afp/

    Sur une autre note, de mon point de vue québécois, cette opposition entre les « réformés » et les « évangéliques » en France ne cesse de me méduser. Cet antagonisme me semble assez artificiel, pour plusieurs raisons. N’ayez crainte, je ne fais pas du relativisme.

    Pour commencer, la plupart de ceux qu’on appel des « réformés » en France n’ont de réformé que le nom. Ils n’adhèrent plus à l’héritage de la Réformation et ils sont profondément empêtrés dans leur libéralisme théologique. Puisqu’ils ont reniés la Réformation, on devrait cesser de les qualifier de « réformés ».

    Guillaume Farel, Jean Calvin, Pierre Viret et Théodore de Bèze n’hésiteraient pas un instant à anathémiser une sérieuse proportion des disciples de la FPF et de l’ancienne « Église réformée de France » (ÉRF) devenue l’« Église protestante unie » depuis sa fusion avec les luthériens libéraux.

    Se pose donc la question de la filiation historique du protestantisme français. À mon sens, les évangéliques sont très bien placés pour revendiquer l’héritage de la Réformation. Un *réformé baptiste* comme moi n’a aucune difficulté à adhérer à la Confession de foi de La Rochelle qui fut le texte de référence de nos prédécesseurs huguenots, à l’exception l’article 35 (sur 40) qui porte sur le baptême.

    Certes, ont pourra soulever d’autres différences entre certains évangéliques contemporains et les calvinistes, par exemple le fait que les calvinistes adhéraient (et adhèrent toujours) au *principe régulateur* faisant en sorte que les cultes collectifs des calvinistes sont plus ordonnés, sereins et sobres que ceux des pentecôtistes.

    Mon argument est que les évangéliques contemportains et les réformés authentiques partagent l’essentiel, le noyau dur, la substantifique moelle du protestantisme : la justification par la grâce au moyen de la foi ! Le salut en Jésus-Christ SEUL ! Cette foi vivifiante, la plupart des adeptes de la FPF et de l’« Église unie » l’ont abandonné.

    Je m’adresse ici particulièrement à Paul Ohlott : C’est le 500e anniversaire de la Réformation en 2017. La FPF a déjà annoncé son intention de flatter les papistes plutôt que de proclamer la vérité pour laquelle nos prédécesseurs huguenots ont luttés. Cela fait trop longtemps que la FPF et les partisans de l’ÉRF/« Église unie » monopolisent le discours historique protestant en France, notamment avec leur « Assemblée du Désert » qui ne rend plus justice aux courageux Camisards. Le 500e de la Réformation est l’occasion pour les évangéliques de reprendre le terrain et de prouver à la France (et à Dieu) que les pseudo-réformés n’ont pas le monopole du discours patrimonial & identitaire protestant.

    • « Pour commencer, la plupart de ceux qu’on appel des « réformés » en France n’ont de réformé que le nom. Ils n’adhèrent plus à l’héritage de la Réformation et ils sont profondément empêtrés dans leur libéralisme théologique. Puisqu’ils ont reniés la Réformation, on devrait cesser de les qualifier de « réformés ». »

      Nous sommes bien d’accord… même si, pour être pleinement honnêtes, certains discours évangéliques n’ont plus grand chose de commun non plus avec celui des réformateurs. D’ailleurs très peu d’évangéliques s’intéressent à leur propre histoire et à leur héritage. Une lacune qu’il est nécessaire de combler.

      « C’est le 500e anniversaire de la Réformation en 2017. La FPF a déjà annoncé son intention de flatter les papistes plutôt que de proclamer la vérité pour laquelle nos prédécesseurs huguenots ont luttés. »

      Sur quelle information vous basez-vous pour penser cela ?

    • bonjour scolaris legisperitus,

      pourquoi vous en prenez-vous après les libéraux en insinuant que l’eglise protestante unie « libérale » a de fait abandonné la « foi vivifiante ». Si toutefois la nouvelle « eglise unie » compte des libéraux (dont je fais partie), il se trouve à coup sûr en son sein des membres de nuance évangélique.

      les réformés n’ont pas abandonné la notion de la justification par la grace au moyen de la foi,
      cette vérité biblique ,qui à mon avis, constitue une frontière entre la foi chrétienne et les religions non-chrétiennes (que je respecte tout à fait d’ailleurs) demeure toujours la grande base de la foi chrétienne.

      en ce qui concerne le libéralisme, le pasteur charles wagner le définissait ainsi: « tendance qui non seulement applique à la religion la méthode de libre et personnelle recherche, mais demande …..de se conquérir; par la réflexion et l’étude des convictions individuelles, de soumettre leurs croyances à l’épreuve perpétuelle de leur conscience et de leur lumière nouvelle.

      le protestantisme libéral se déclare prêt à supporter les conséquences de sa méthode, c’est à dire une grande variété de vue parmi ses adeptes.

      notre liberté ne serait qu’une servitude et un trompe l’oeil si nous avions tous les mêmes opinions ».

      vous voyez, aucune négation de la notion de la justification par la foi,

      par contre l’enseignement proposé par les eglises protestantes de sensibilité évangélique peut parfois sembler peut-être un peu trop monolithique et ne tenant pas assez compte de la variété des caractères des fidèles en ne semblant retenir qu’une seule orientation théologique.

      mais tout cela ne reflète que ma propre pensée et heureusement que que ce n’est qu’une opinion parmi d’autres!.

      salutations fraternelles

    • Scolaris Legisperitus // 28 avril 2014 à 22 h 06 min //

      @ tibob272 (28 avril 2014 • 19 h 32 min) :

      Il y a sans doute quelques véritables chrétiens régénérés qui gravitent dans l’ÉPU et autour de la FPF, mais il n’est pas excessif de dire que dans l’ensemble, ces milieux sont libéraux & hétérodoxes.

      Quelqu’un peut adhérer à Éphésiens 2:8 du bout des lèvres, ça ne fais pas pour autant de lui un chrétien biblique dans le plein sens du terme.

      Il se dégage de votre commentaire un anthropocentrisme contraire au théocentrisme de la Réformation qui me conforte dans mon analyse.

      P.S. Le vocable « protestantisme libéral » est une oxymore.

  4. « PPK semblait m’en vouloir d’avoir diffusé l’intégralité de ses propos ». Mdr. Franchement, ne nous fait pas avaler ce chameau que mince, on s’était pas mis d’accord sur une partie off… là franchement ça se devine que c’est OFF. Re-mdr. Sacré Paul.

    • Et pourtant, c’est vrai ! il ne s’agissait pas d’une discussion en off, mais clairement d’une interview enregistrée. Je n’ai pas eu besoin de le chatouiller beaucoup pour obtenir de tels propos, je crois que la FPF le démangeait suffisamment pour se lâcher aussi facilement…

  5. Scolaris Legisperitus // 19 mars 2014 à 16 h 23 min // Réponse

    @ Paul Ohlott (commentaire du 19 mars 2014 • 10 h 14 min) :

    « Quand on interroge François Clavairoly [président de la FPF] sur les défis qui attendent la Fédération protestante dans les années qui viennent, très vite l’année 2017 arrive dans la conversation. Comment fêter, célébrer les cinq cents ans de la Réforme ? Son ouverture œcuménique lui laisse espérer un geste de l’Église catholique. »

    http://www.reforme.net/une/rencontre/francois-clavairoly-theologien-solide

    Hé bien, je me demande à quelle sorte d’ouverture il s’attend, et quelle sorte d’œcuménisme il veut cultiver. S’il est question de faire front commun avec les catholiques romains, les orthodoxes orientaux et les mormons sur des questions socio-politiques (Manif pour Tous, Journées de Retrait, etc.), les évangéliques doivent être prêts à coordonner les actions, mais ZÉRO concession sur le plan de la théologie !

    « François Clavairoly [est] marqué par […] un libéralisme assumé sur les questions de société. François Clavairoly est avant tout un homme de compromis. »

    Le jubilé de 2017 devrait être « œcuménique » selon François Clavairoly…

    http://www.protestants.org/index.php?id=23&tx_ttnews%5Btt_news%5D=2323&tx_ttnews%5Byear%5D=2013&tx_ttnews%5Bmonth%5D=11&cHash=a34511f5a3

    Je ne retrouve pas l’article que j’avais lu comme quoi Clavairoly ne veut pas confronter le catholicisme en 2017 et qu’il souhaite que le 500e de la Réformation soit aussi une « festivité pour les catholiques ». Cette intention me paraît assez évidente. Le site web de la FPF fait la promotion de quantité de matériel œcuméniste produit par l’Église protestante unie de France, par la théologiquement très libérale « Evangelischen Kirche in Deutschland » (EKD — ils ont plein de femmes évêques !) et par la tendancieuse revue « Unité des Chrétiens ».

    Ce n’est pas pour l’apostasie œcuménique que 30 000 des nôtres furent massacrés à la St-Barthélémy en 1572, que 20 000 des nôtres ont préférés mourir au siège de La Rochelle en 1628, puis que 250 000 des nôtres ont choisis de s’expatrier hors du Royaume de France après 1685 plutôt que d’abjurer la foi réformée.

    SOLA SCRIPTURA,
    SOLI DEO GLORIA,
    SEMPER REFORMANDA !

    • tibob272 // 10 mai 2014 à 1 h 01 min //

      bonjour Scolaris Legisperitus,

      j’ai nettement l’impression que vous avez peine à accepter que le protestantisme de type luthéro-réformé puisse se retrouver dans ce que l’on peut appeler la théologie libérale.Puisque le fondement du salut acquis par la seule grâce de Dieu est la base exclusive de notre foi, je ne vois pas ce que l’on pourrait considérer comme point de foi obligatoire dans la mesure où le Christ est reconnu comme notre maître ayant révélé le plus pleinement et totalement l’ amour du Père par la proclamtion de l’ Evangile

      Qu’est ce que le libéralisme sinon le droit de droit de chacun non pas de se « faire sa petite religion » mais de se placer sous le regard de Dieu et de voir ses propres positions en toute conscience. Faire placer la foi avant les doctrines,par exemple me semble tout à fait légitime.

      .La formulation théologique de la foi consiste en des mots donc relevant du domaine du provisoire. Les anciens textes de foi tels les symboles de Nicée, ou de Nicée-Constantinople s’ils sont d’une très grande valeur puisqu’il appartiennent à notre histoire Chrétienne, n’en demeurent pas moins une présentation de la foi chrétienne à des chrétiens de ces époques et établis pour diverses raisons. Il est tout à fait possible de tenter d’établir d’autres textes à notre époque parlant à des croyants d’aujourd’hui.

      Si le 16 eme siècle a vu l’éclosion de la Réforme, vous comprenez certainement fort bien que le Protestantisme ne s’identifie pas par rapport au Catholicisme. Il est un corps vivant et suit son chemin avec son identité propre. Il me paraît donc tout à fait souhaitable et heureux que l’Eglise Catholique Romaine soit de la fête et je suis certain que l’information passera dans les paroisses Catholiques Puisse 2017 être une fête anniversaire Protestante mais en tendant les bras ouverts à nos frères catholiques.

      Pourquoi l’ EKD ne pourrait-elle pas compter parmi ses ministres aussi bien des hommes que des femmes en qualité de pasteurs ou d’évêques?.L’Eglise Anglicane qui a une conception plus sacerdotale du ministère n’hésite pas à accorder aux femmes le triple ministère de diacre, prêtre, évêque.Toutes ces ouvertures sont tout à fait légitimes au sein des diverses branches du Christianisme où. chacun peut ainsi apporter ses propres charismes

      Il ne me semble pas juste dire qu’ il existe un état d’ apostasie oecuménique, mais il convient plutôt de réaliser que le peuple de Dieu se trouvant réparti en plusieurs corps ecclésisatiques, peut se pardonner et ainsi se réjouir du chemin parcouru depuis plusieurs siècles;

    • Scolaris Legisperitus // 10 mai 2014 à 5 h 11 min //

      @ Tibo272 (10 mai 2014 • 1 h 01 min) :

      Votre commentaire suinte d’hétérodoxie.

      Vous faites de la liberté chrétienne un prétexte pour l’anarchie spirituelle. Or la liberté chrétienne est circonscrite par la Loi de Dieu : « Annulons-nous donc la loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la loi. » (Romains 3:31) ; « La loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. » (Romains 8:2) ; « La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. » (Romains 7:12) ; « Je ne suis point sans la loi de Dieu, étant sous la loi de Christ afin de gagner ceux qui sont sans loi. » (1 Corinthiens 9:21).

      Et concernant les « femmes-évêques » dans l’EKD, 1 Timothée 2:12 est sans appel : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme; mais elle doit demeurer dans le silence. »

      1 Corinthiens 14 :34-35 : « [Q]ue les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ; mais qu’elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi. Si elles veulent s’instruire sur quelque chose, qu’elles interrogent leurs maris à la maison ; car il est malséant à une femme de parler dans l’Église ».

      L’apôtre Paul — inspiré du Saint-Esprit — explique l’inconvenance pour les femmes, de détenir une autorité ecclésiastique sur les hommes à l’intérieur de l’Église de Dieu (autrement dit, les femmes ne doivent pas détenir le titre d’ancien ou donner des sermons et des sermonettes). CELA VAUT POUR TOUTES LES ÉPOQUES, TOUTES LES CULTURES ET TOUS LES PAYS.

      En revanche, nous retrouvons dans le Nouveau Testament des exemples d’ordination de diaconesses, (Rom 16:1 ; 1 Tim 3:8-11). Le rôle des diaconnesses est décrit par l’apôtre Paul en Tite 2:3-5 : « Dis que les femmes âgées doivent aussi avoir l’extérieur qui convient à la sainteté, n’être ni médisantes, ni adonnées au vin ; qu’elles doivent donner de bonnes instructions, dans le but d’apprendre aux jeunes femmes à aimer leurs maris et leurs enfants, à être retenues, chastes, occupées aux soins domestiques, bonnes, soumises à leurs maris, afin que la Parole de Dieu ne soit pas blasphémée ». Il est important de noter que même dans ces situations, ces femmes âgées / diaconnesses n’exercent aucune autorité ecclésiastique sur des hommes adultes.

  6. Scolaris Legisperitus // 19 mars 2014 à 16 h 33 min // Réponse

    J’ai omis de fournir la source de la citation à l’effet que Clavairoly « est avant tout un homme de compromis » dans mon commentaire du 19 mars 2014 à 16 h 23. La voici :

    http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Francois-Clavairoly-prend-la-tete-du-protestantisme-francais-_NP_-2013-01-20-901451

    Et le titre de cet article en dit long sur la façon dont la FPF s’arroge un monopole de représentation.

  7. scolaris legisperitus (28/04/14— 22H 06) bonsoir,

    je viens de lire à l’instant votre commentaire: je n’ai pas l’impression de me retrouver comme ayant une attitude anthropocentriste tout simplement parce que ce type de pensée serait en contradiction avec la notion même de la grâce de Dieu qui « ne vient pas de nous, étant un don de Dieu » Si Dieu, ce que je crois à 100%, est à l’origine du don de cette grâce salvatrice et sanctifiante, y a-t-il réellement place pour un rôle supposé de l’homme et une raison de s’enorgueillir?

    le domaine dans lequel le chrétien « aurait plutôt un droit » relève à mon avis dans sa liberté de penser sa foi. A ce moment-là, il paraît inévitable que des divergences puissent se manifester non seulement entre dénominations mais aussi entre membres d’une même église locale. peut-on même parler de « divergences », ne serait-il pas plus exact de proposer « autre vision ou accent mis surtout »?

    quoi qu’il en soit, la question de la grâce étant une donnée fixe, que retenir d’autre comme « doctrine incontournable »? la christologie a une place centrale dans la foi protestante déclinée dans toutes ses facettes, mais comment l’appréhender en réalité? tout ce qu’il me semble possible de dire, c’est que je peux avoir plutôt telle orientation (et encore!) alors que ma soeur ou mon frère de notre paroisse locale penchera peut-être une approche autre.

    je crois,(n’hésitez pas à me le signaler en cas d’erreur de ma part) que l’eglise réformée de france demande lors d’un baptême d’adulte ou d’une adhésion la seule formule: « reconnaître Jésus-Christ comme Seigneur » . cela doit toujours être pareil depuis la création de l’eglise protestante unie. le terme « Seigneur » semble laisser une certaine latitude au fidèle et cette base paraît à mon avis très respectueuse de la liberté intérieure et de la progression spirituelle de chacun; pourquoi ne pas jouer la carte de la sagesse en évitant toute imposition d’une confession de foi trop précise? en ce faisant tel ou tel article peut facilement s’avérer rédhibitoire lors de l’accueil d’un nouveau venu.

    c’est en cela me semble t-il que la pensée protestante évangélique risque de se trouver quelque peu en décalage avec la mentalité de nombreux protestants de type réformé

    je vous souhaite scolaris legisperitus une bonne soirée.

    fraternellement

  8. bonsoir Scolaris Legisteripus

    lors de votre commentaire du 10 mai 2014,

    vous estimez que mon précédent texte « suinte d’hétérodoxie ». Je peux comprendre que votre pensée semblant nettement orientée par une certaine approche de la Bible vous conduise à cette conclusion. Quand on est un peu familiarisé avec la théologie et l’herméneutique Protestante de sensibilité plutôt conservatrice ou même Evangélique, il est fréquent de rencontrer diverses positions se rapprochant de la vôtre

    La première question à prendre en compte avant toute chose est la conception même de la Bible. Certes vous et moi prenons les Ecritures comme base de notre foi. Il n’y a aucun problème sur ce point. Par contre il y a une crainte de voir s’opposer dans nos commentaires respectifs deux types d’approche des Ecritures;

    Votre position risque de ressembler à une volonté de reproduction pratique des coutumes et orientations antiques « replacées » sur notre époque par exemple. Vous citez à plusieurs reprises les Ecritures pour indiquer ce qu’il « faudrait » pratiquer à notre époque. Ceci peut malheureusement avoir pour origine, un refus inconscient de réaliser le caractère particulier de divers textes scripturaires. Certes la loi de Dieu est sainte et aucun chrétien ne voudra le nier, mais ce postulat n’interfère pas dans la liberté de l’Eglise chrétienne de comprendre l’essence du texte Biblique. Les questions telles « à qui s’était adressé l’auteur » « comment fut rédigé ce passage » « pourquoi a t’ il utilisé tel ou tel argument » « quel était le cadre religieux, social…….au sein desquels évoluaient les destinataires de ce texte ou de cette lettre » constituent les bases nécessaires à la compréhension moderne de la pensée biblique.

    Ainsi la question relative au rôle des femmes dans l’Eglise aujourd’hui ne peut se fonder sur une copie de textes anciens dont l’origine remonte à presque deux millénaires. Certes, si les rédacteurs de ces récits ont bénéficié d’une aide de l’Esprit de Dieu, il ne s’agit en aucune façon d’une dictée faite telle quelle pour tous les temps par Dieu à la manière d’un enseignant dictant à ces élèves la lecture à préparer pour la semaine suivante.

    Dieu a doté l’homme de raison et d’intelligence pour analyser les situations auquel il est confronté. Le chrétien quand il lit, médite ou étudie les Ecritures soit en public soit en privé bénéficie.de ce don mais aussi de l’aide de l’Esprit Saint. Une prière est prononcé par l’officiant lors de nombreux cultes réformés pour que cette lecture devienne Parole de Vie.

    Il convient également de ne pas négliger (par exemple dans des textes concernant les femmes) les conséquences d’une lecture et d’une présentation qui serait la reproduction d’images passées.Les femmes ne pourraient pas accéder au pastorat et à l’épiscopat sans compter la réputation de l’Eglise chrétienne (surtout protestante) qui se trouverait cataloguée de passéiste, non innovatrice, sentant la poussière et le vieux grenier, ce qui serait en grande partie justifié. En somme l’Eglise ne s’adapterait pas au monde de son temps

    Scolaris Legispéritus, je vous souhaite une bonne soirée, un bon dimanche, et si vous avez prévu d’assister à un culte un bon culte.,

    fraternellement

    • Scolaris Legisperitus,

      Bonjour, je désire juste vous signaler un article de Réforme (N° 3537 21 novembre 2013.) intitulé « Paul et les femmes » par Elian Cuvillier.. Ces lignes sont intéressantes et méritent de pouvoir être lues.

      Scolaris Legisperitus, je vous souhaite un bon dimanche après-midi.

      Fraternellement

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