Communiqué / Paul Ohlott répond aux principales questions, après sa rencontre avec Freddy et Maria De Coster

Dans le cadre de son enquête, le journaliste Paul Ohlott a rencontré, à huis-clos, le couple pastoral Freddy et Maria De Coster, le samedi 26 janvier. L’entretien a duré 7h.

Freddy-PaulPaul Ohlott tient à vous apporter un certain nombre de faits éclairants, afin de vous aider à mieux comprendre ce qui s’est passé lors des conventions Pentecôte de 2008 et 2009, et concernant le projet du CIH (Centre International de Honfleur). Actu-Chretienne.Net diffuse ce communiqué afin de porter à votre connaissance ces faits et de les soumettre à votre discernement.

Comment s’est déroulé cet entretien privé ?

P.O. : La réunion avec Freddy et Maria De Coster s’est très bien déroulée. Chacun a pu s’exprimer librement et un certain nombre de faits ont été scrupuleusement étudiés. Il n’était pas prévu que cette réunion dure aussi longtemps… mais la longueur s’explique par le fait qu’il y avait une quantité considérable de documents à lire et qu’il s’agit d’une affaire particulièrement complexe. Freddy et Maria m’ont fait part des souffrances causées par la polémique. Cependant, comme convenu mutuellement au préalable, nous avons tout mis en oeuvre pour que cette rencontre soit pleinement professionnelle, refusant ainsi de sombrer dans l’émotionnel, ce qui aurait empêché tout dialogue. Nous nous sommes donc concentrés exclusivement sur un certain nombre de faits qui appelaient des preuves irréfutables.

Que pouvez-vous nous dire concernant l’endettement ?

P.O. : Concernant l’endettement important du couple De Coster, nous avons pris le temps de nous intéresser à la convention Pentecôte de 2008, qui s’est déroulée au Zénith de Rouen, à la convention Pentecôte de 2009, qui a eu lieu à Bercy, mais également au projet du CIH (Centre International de Honfleur). L’étude d’un certain nombre de documents me permet, à ce jour, d’affirmer que :

1] La majorité des prêteurs étaient des personnes ou des organisations «cadres» dans ces projets (des personnes privées, des professionnels, des églises, et même la Fédération Baptiste).

2] Des PV d’Assemblée Générale de l’EPBH prouve que Freddy De Coster ne s’est pas engagé seul dans ces projets, mais qu’il avait le plein soutien de son église. En outre, l’EPBH avait, à deux reprises, fait des promesses de dons pour rembourser la part des privés qui avaient investi dans l’association ANCRE, organisatrice des campagnes de 2008 et 2009. Des promesses qui ont été, par la suite, remises en cause, aggravant ainsi l’endettement personnel de l’association ANCRE (organisatrice des évènements), et par ricochet, celui du pasteur Freddy De Coster et de sa famille.

3] Les factures du Zénith de Rouen ont été intégralement payées. Le dernier paiement a été effectué en octobre 2008. Outre, les preuves comptables, j’ai constaté que le chèque de caution leur avait été rendu.

4] L’endettement du Zénith s’explique notamment par un montant exceptionnellement bas des offrandes après le concert de Delirious. La venue du groupe Delirious a coûté environ 90.000€… et les offrandes récoltées ce soir-là, alors que la salle était pleine, se sont élevées à 1800€, soit 0,27 cts par personne.

5] A ce jour, l’association ANCRE doit encore rembourser 162.000€ (pour la location de Paris Bercy), 10.000€ à des entreprises, 20.000€ aux impôts et 190.000€ à 4 privés. A noter que toutes les entreprises chrétiennes impliquées dans Bercy ont été remboursées. S’agissant de la somme due aux impôts, je peux préciser qu’elle provient d’un contrôle (fiscal) réalisé en 2010. Sur les conseils de leur avocat fiscaliste, ANCRE a été fiscalisée pour répondre aux exigences de la loi Françaises sur les associations qui prennent une ampleur importante, ouvrant la voie à un remboursement de TVA sur l’ensemble du budget, soit environ 120 000€. L’administration fiscale a d’abord versé 20 000 € au titre du remboursement de TVA, mais la somme a été ensuite contestée lors du contrôle fiscal, remettant ainsi en cause la fiscalisation de ANCRE. Le budget avait été construit sur une logique TTC et ANCRE prévoyait en conséquence de récupérer 120 000 €.

6] Selon divers documents que j’ai pu consulter, il apparaît que M. Pascal Lemonnier a dissimulé certaines informations importantes, sans que je puisse juger de l’intentionnalité, lorsqu’il affirmait que Freddy De Coster accusait une dette de 47500€ en sa faveur. M. Lemonnier avait bien prêté 48.000 euros, mais contrairement à ce qu’il a déclaré, il a été intégralement remboursé. Plus surprenant encore, un acte d’avocat prouve que c’est M. Lemonnier qui accuse, à ce jour, une dette de 52.000 euros. En effet, il est redevable de cette somme à M. Decoster, au titre du rachat des parts d’une société d’exploitation de la restauration-hôtellerie, car M. Lemonnier est un professionnel dans ce domaine et il était convenu que Freddy De Coster se retire de l’exploitation pour se concentrer sur le pastorat, une fois que le CIH aurait été construit. En outre, il est à noter qu’au travers du CIH, il était prévu que M. Lemonnier touche un salaire particulièrement élevé en occupant le poste de Directeur d’exploitation, ainsi que de nombreux dividendes. Il semblerait que ce soit cet appât d’un gain important qui l’a convaincu d’investir en achetant des parts sociales.

Considérez-vous que Freddy De Coster soit coupable de «mégalomanie» ?

P.O. : Nous n’avons pas éludé la question lors de notre rencontre. En effet, je lui ai fait part de mon sentiment, à savoir qu’il m’apparaissait complètement fou de louer Bercy, alors que la précédente convention au Zénith de Rouen s’était soldée par un endettement et que l’EPBH était, à la même période, engagée dans un projet immobilier s’élevant à plus de 4 millions d’euros… Freddy a compris mon reproche, puis il a pris le temps de me montrer les 250 pages de son business plan et de m’expliquer les raisons de l’échec.

Le business plan de Freddy était bien rôdé, mais son succès reposait essentiellement sur une certitude : celle de faire salle comble avec la venue du chanteur BONO (U2). Il prévoyait que la seule venue de Bono aurait couvert les frais de la campagne d’évangélisation et aurait généré un excédent susceptible de préfinancer les futures campagnes. L’idée était que progressivement les campagnes soient de moins en moins financées par les offrandes ou les dons. A ce sujet, le pasteur Freddy a fait confiance à un homme d’affaires qui était en charge de la venue du chanteur et dont l’entreprise était spécialisée dans l’évènementiel… mais une «panique irrationnelle» s’est emparée de nombreux partenaires de Pentecôte, lorsqu’ils ont appris, un mois avant l’évènement, que Bono ne viendrait finalement pas. Plusieurs partenaires se sont alors retirés au dernier moment, ce qui a été indubitablement fatal au projet. Par ailleurs, Freddy De Coster s’est appuyé sur la promesse de cet homme d’affaire de sponsoriser malgré tout la campagne d’évangélisation et a fait confiance à deux organisations pour le financement et le cautionnement de l’évènement. Tout d’abord, l’homme d’affaires, qui s’était engagé à payer la moitié du coût de Bercy, n’a jamais versé le moindre centime. Quant aux organisations, elles étaient des partenaires-cautions, engagées chacune à hauteur de 200.000€… mais au final, la première organisation – suite à des difficultés qui lui fut propre – ne versera que 8000€ et la seconde : 24 000€.

Après ses explications, je lui ai fait part de mon étonnement… comment a-t-il pu s’appuyer sur des cautionnements aussi importants sans rédiger le moindre contrat ? Aurait-il alors péché davantage par naïveté que par mégalomanie ? A cette question, Freddy De Coster reconnaîtra que le cautionnement a été une erreur et que s’il devait organiser de nouveaux évènements dans l’avenir, il ne procéderait plus de la même manière.

Ceci étant, il est à noter que d’autres personnes se sont portées caution de manière contractuelle, ce que j’ai pu constater par la lecture d’actes notariés. J’ai pris connaissance de deux cautionnements :

. Une caution hypothécaire à hauteur de 100 000 €

. Une caution simple plafonnée à 50 000 €

Ce cautionnement était obligatoire pour qu’une banque accepte de prêter les 150.000€ qui ont permis le préfinancement de Bercy. A la lecture des actes notariés et de plusieurs échanges email, il en ressort clairement que les cautionnaires engagés étaient pleinement conscients des risques encourus, d’autant plus que l’un d’eux n’était autre que le directeur de communication et de la jeunesse pour la convention Pentecôte. Ils ne peuvent reprocher à Freddy De Coster de les avoir trompés. A ce jour, aucun de ces cautionnaires, pourtant contraints par leur engagement, n’ont versé le moindre centime. Enfin, j’ai pu constater, documents à l’appui, que Freddy et Maria ont décidé de se porter caution a posteriori (en janvier 2010), pour un montant total de 180 000 € (incluant les intérêts passés et futurs), afin de couvrir les cautionnaires engagés. Ce choix étonnant et tout à l’honneur du couple, a évidemment aggravé leur endettement personnel. Malgré cela, certains cautionnaires ont décidé d’attaquer la banque et le notaire pour «défaut de conseil». Le jugement a été rendu le 13 février mais son contenu n’est pas connu à ce jour.

Pour en revenir à la question de la «mégalomanie»… outre le projet de Bercy, je me suis penché sur le projet du CIH. Après avoir lu certains documents, je peux affirmer que le projet initial ne devait pas dépasser les 3 millions d’euros, mais qu’en raison d’une erreur de chiffrage de la part des architectes, le budget a finalement dépassé les 4 millions d’euros.

Malchance ? Naïveté ? Mégalomanie ? Après l’exposition de ces faits, je laisse à chacun le soin de se faire sa propre opinion.

Pourquoi Freddy n’a-t-il pas annulé son évènement après la non-venue de Bono ?

P.O. :  Je lui ai posé la question et il m’a répondu qu’après un long moment d’hésitation, de sa part et de celle de ses équipes, ils ont finalement décidé d’aller jusqu’au bout, car ils avaient déjà dépensé 250.000€ en publicité et en acomptes. Ils ont estimé qu’il aurait été regrettable de perdre cette somme d’argent sans avoir évangélisé. En outre, malgré l’annulation de la venue de Bono, l’homme d’affaires qui s’était engagé à payer la moitié du coût de Bercy avait réitéré son engagement. La suite, on la connaît, le concert de Nneka, le vendredi soir, a été un «drame humain et financier», selon les propres mots de Freddy De Coster, ce que je peux attester, puisque j’étais présent. Quant au samedi soir… l’offrande n’a été, en moyenne, que de 0,60€ par personne.

Le couple De Coster a-t-il reconnu des erreurs ?

P.O. : Outre l’aspect du cautionnement, que j’ai évoqué précédemment, ils ont reconnu avoir «manqué de sagesse dans certains domaines», mais nient catégoriquement avoir voulu flouer intentionnellement qui que ce soit. Enfin, bien que plusieurs éléments leur ont fait croire jusqu’au bout que l’évènement à Bercy était la volonté du Seigneur, ils m’ont confié aujourd’hui qu’ils en viennent à douter. Ils ne savent plus trop quoi en penser… certains signes les avaient convaincus que Dieu était dans le coup. Selon ses dires, parmi ces signes, Freddy m’a raconté qu’il avait prié pour le préfinancement et qu’il avait reçu 200.000 euros en quelques minutes, après avoir téléphoné à 4 personnes. Fallait-il y voir un feu vert divin ? A nouveau, je laisse le soin à chacun de se faire sa propre opinion.

Quelle solution envisagent-ils aujourd’hui ?

P.O. : Il faut savoir que la revente du terrain qui devait servir au projet, désormais abandonné, du CIH, pourra permettre de rembourser une part importante des dettes (celles des privés qui ont prêté pour le terrain). Une revente est espérée prochainement. «Ce n’est qu’une question de temps étant donné que le SHON est en train d’évoluer», assure Freddy. L’appel aux dons du pasteur Poulin – dont la forme a suscité une polémique – a pour objectif de rembourser la dette de l’association ANCRE. Lors de ce premier entretien, nous n’avons pas pu approfondir la gestion de ces fonds.

Avez-vous parlé du communiqué de la FEEBF ?

P.O. : Oui, bien évidemment ! Le communiqué de la FEEBF déclarait ceci : «Freddy DECOSTER n’a jamais été pasteur de notre Fédération, en tant que ministère reconnu par notre Commission des Ministères. Il ne peut, par conséquent, se référer à la FEEBF pour appuyer un quelconque ministère actuel ou futur».

J’invite chacun à se faire sa propre opinion concernant l’attitude de la FEEBF, étant donné que Freddy De Coster figurait bel et bien dans les annuaires officiels de la FEEBF. En outre, il faut savoir que la FEEBF s’est tout de même engagée à hauteur de 500.000€ dans le projet du CIH. Auraient-ils pu consentir un engagement aussi important sans reconnaître le pasteur Freddy comme un des leurs ? Et il est important de préciser que ce n’est pas Freddy qui a signé les actes notariés faisant de la FEEBF la propriétaire du terrain de Honfleur. Les signataires étaient l’actuel Président de la FEEBF, homme d’affaires au demeurant, et un cadre de la fédération qui est aussi professeur en Economie à l’université. En outre, cette signature a eu lieu après un long rendez-vous (9h), en l’étude de Me. Alexandre de Honfleur, lors duquel tous les détails de la transaction (droits de passages, obligations de travaux de la FEEBF…etc) ont été abordés.

Allez-vous rencontrer de nouveau Freddy et Maria De Coster ?

P.O. : C’est ce qui est prévu en effet, malgré des plannings très chargés, car nous n’avons pas eu le temps d’étudier tous les documents. En tant que journaliste, il m’importe de prendre le temps de vérifier le fondement d’un certain nombre de rumeurs et d’accusations.

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En raison du caractère excessivement passionnel de l’affaire, Actu-Chretienne.Net a pris la décision de ne pas ouvrir cet article aux commentaires. Merci de votre compréhension. Toutefois, vous avez la possibilité de réagir par email : contact@actu-chretienne.net

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